Phileas Blog

Le tour du monde de Catherine et Gregory, entre aventure et mesaventures

dimanche 22 juin 2008

Découvrez le détail qui tue

Cherchez_l_erreurUn escalier qui fait TV !? Un poussin rose fushia ?! Une théière solaire ?! Voici quelques-unes des images insolites que nous rencontrons au cours de notre périple, plus surprenantes les unes que les autres. Alors surfez sur notre album photo Le Détail qui Tue pour halluciner sur les apparitions étranges qui ont parsemé notre voyage : http://phileasblog.canalblog.com/albums/hong_kong_et_chine/index.html

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La démocratie extensive à la Brésilienne

Urban_designLe saviez-vous ? Le Brésil compte plus de 500 députés. Malheureusement, la chambre qui les accueille a Brasilia ne dispose que de 272 sièges et pupitres de vote… Impossible donc de siéger en assemblée plénière ? Que nenni ! On reste debout, on s’assoit sur les tables et on taille un bout de débat sur le coin d’une chaise. Comme à une soirée. C’est ça la démocratie brésilienne !

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vendredi 20 juin 2008

La croisière s’amuse en remontant l'Amazone

Notre remontée de l’Amazone de Manaus à la frontière Peruano-Colombiano-Bresilienne à bord d’un rafiot public a été l’occasion de découvrir non seulement cette région de monde méconnue, mais surtout ses habitants. Récit, minute par minute, d’un voyage au delà de l’ennui.

Itapuranga_IIIJOUR 1

13h30 : Une petite barque nous dépose au pied de l’Itapuranga III (ce qui signifie que le 1 et le 2 ont déjà coulé – petit score car il y a certains bateaux qui en sont au numéro 7…). Le bateLa_foret_de_hamacsau est déjà bien plein. La partie basse est remplie de marchandises en tous genres (frigos, mobylettes, œufs,…). Mais nous sommes surpris de constater que le pont intermédiaire également. Les deux hamacs que nous avons placé ce matin à 9h00 sont perdus au milieu d’une véritable foret de hamacs, de toutes les couleurs et tous les styles. Sous ces bouts de tissus suspendus, bagages et marchandises forment une couche hétérogène d’à peu près un mètre de hauteur. Ambiance.

13h45 : Essai des hamacs et prise de conscience que la surface de notre espace vital sur cette semaine sera restreinte. Il fait une chaleur suffocante et l’air a du mal à pénétrer dans la partie centrale ou sont suspendus les quelques 150 hamacs.

13h50 : Greg fait connaissance avec sa voisine au hamac rose, tandis que Catherine s’engueule – déjà - avec son voisin de derrière (le ‘papy’) qui a profité de notre inattention de quelques secondes pour amonceler toutes ses affaires sur les notres et sous nos hamacs. On ne peut plus poser un pied par terre.

Venez_par_la_il_reste_de_la_Skol_a_charger_16h00 : Le bateau devrait être parti depuis une heure déjà, mais il reste encore 2 camions de bière à charger, pack de 6 canettes par pack de 6. On n’est pas partis !

16h09 : Nous montons sur le pont supérieur ou la musique recouvre les commentaires d’un match de foot. Samba et football : le cocktail brésilien plus fort que la caipirinha !

17h00 : Le chargement de bière continue. Encore un demi camion. Le soleil se couche sur l’eau couleur café du Rio Negro au son du karaoké toujours branché sur le niveau sonore d’une boite de nuit. Un petit garçon fait voler son cerf-volant devant Manaus, profitant d’une petite brise, tandis que trois petites filles jouent à la poupée. Attente. Les bateaux mettent près d’une semaine à être chargés et plusieurs jours à être déchargés.

17h32 : Il ne reste que 45 packs de SKOL à charger. Le départ parait imminent. Sur le quai, quelques personnes sont venues accompagner la famille. On accompagne les passagers comme on accompagne un parent pour un long voyage. Six a dix jours pour s’enfoncer davantage dans la foret amazonienne. Comme en Russie avec le transsibérien, les gens voyagent en transamazonien, le chemin de fer ici se compose d’eaux aux diverses teintes.

17h50 : Mais qu’est-ce qu’ils foutent ! Ca fait déjà 20 mn que la bière chargée commence à être déchargée rapidement dans les gosiers des amateurs de la buvette du pont supérieur

Une_petite_Skol_pour_bien_feter_le_depart__18h05 : Nous contribuons également à l’allégement de la cargaison de bière en admirant le calme s’installer sur le port, devant Manaus dominée par la coupole de l’opéra Amazonas, construit en 1896 sur le modèle des théâtres français.

18h15 : Greg vient d’apercevoir une antenne satellite sur le toit du bateau. Il jubile : Rien de mieux pour mater l’Euro 2008 de foot que être fourré au fin fond de l’Amazonie ! Il fonde de grands espoirs sur le match France-Italie après la débandade nationale contre la Hollande.

Soiree_typique18h17 : Greg, soudain en verve, et excité comme un pou, devient poète et lance une tirade sur la beauté des nuages qui roulent sur un horizon ouvert à l’infini. Que la camera nous manque ! (Elle a déjà du germer dans la foret de Rio et faire des petits – cf. un article précédent). Les images de chaque instant sont fabuleuses : la vie du fleuve, les couleurs, les paysages, les gens, et l’atmosphère du bout du monde et des voyages au long cours qui ont rarement cours en ces temps modernes sont autant de sujets qui auraient régalé notre camera de débutants.

Larguez_les_amarres__18h21 : Un moussaillon vient de détacher les amarres de la proue.

18h22 : Une chauve-souris noire pénètre le pont intermédiaire et slalome entre les centaines de hamacs.

18h23 : Un éclair zèbre au loin le ciel de l’Amazone, véritable kaléidoscope allant du noir au bleu.

18h24 : Manaus a déjà disparu, non pas au large, mais derrière un énorme nuage de fumée noire s’échappant du moteur de l’Itapuranga III. La nuit est tombée et nous dépassons les îlots éclaires de 3 stations-service flottant tels des nénuphars. Au loin, une énorme porte-containers est stationné à plusieurs centaines de mètres de la rive de cette gigantesque autoroute qu’est l’Amazone.

18h50 : Demi-tour. On rentre déjà ? Le capitaine a l’air de chercher quelque chose dans l’eau avec son phare puissant. Une palette de bière ? Un homme à la mer ? En fait, nous avons juste oublié le mécanicien trop occupé à compter fleurette à sa nouvelle target quand nous avons appareillé. Il arrive sur une pirogue à moteur dans la nuit et saute à bord prestement. Ouf ! Nous sommes sauvés !

L_autoroute_de_l_Amazonie___Trafic19h27 : Autour de notre bateau volent canettes et autres emballages plastiques qui mettront plus de 200 ans à se décomposer et tueront quelques dauphins d’eau douce d’ici là avant de s’attaquer à leurs cousins de la mer. Aller jusqu'à la poubelle pourtant située à 5m n’est pas un geste ancre dans les mœurs. Au Brésil, on jette. Par les fenêtres, dans la mer, dans Amazone, sur la plage. L’immensité – et les pauvres – se chargent du nettoyage. Et dire que nous sommes pourtant dans un pays soi-disant à la conscience écologique développée !

20h00 : Apres deux sandwichs mixto (croque-monsieur local), nous contemplons une dernière fois les ombres chinoises de la foret déjà dense qui dansent sur les rives du fleuve. Les nuages qui drapent le ciel nous invitent à aller nous coucL_anglais_aux_dreadlocksher.

20h22 : A coté (ou au dessus, c’est selon le point de vue) de nos hamacs, nous découvrons l’unique spécimen occidental du bateau. Un anglais aux dreadlocks de 2m de long, illuminé et qui nous assure dans un portugais hésitant avoir oublié sa langue maternelle. Il voyage depuis 3 ans et demi et ne compte pas s’arrêter de sitôt. C’est aussi ce genre d’extra-terrestre que l’on rencontre en voyage.

JOUR 2

6h00 : Un appel micro nous tire de notre sommeil malgré nos boules quies. Le petit dej est prêt. Nous avons cru que nous coulions (pas si rare visiblement). Nous n’avons pas dormi comme des louard (ahahaha – on ne l’a jamais faite). Non pas le confort du hamac. Au contraire. Mais nous sommes confrontés à un problème nouveau et du à la promiscuité : les voisins qui se balancent créent une onde qui se propage au hamac voisin qui se balance à son tour et ainsi de suite pendant toute la nuit ! Nous n’avons pas arrêté de nous cogner l’un à l’autre…

Foret_de_hamacs_sur_2_etages6h15 : Petit dej frugal : un café et quelques biscuits durs comme du béton. Heureusement nous avons pris des céréales à Manaus ! Catherine regrette juste le Nutella qu’elle n’a pu trouver à Manaus.

6h30 : Retour au nid, après un slalom spécial entre les hamacs soigneusement disposés en plein milieu du passage. De toutes les façons, il n’y a pas un espace de libre. Le slalom est corsé par les petites voitures des enfants que nous évitons d’ecraser.

10h35 : Greg est – déjà – tenté par un sandwich mixto (mixto tout court pour les intimes)

11h00 : Encontro das Aguas. Nous quittons le Rio Negro pour remonter les eaux blanches du Rio Solimoes (appelée ainsi en amont de Manaus par les Brésiliens). Les deux fleuves se rejoignent dans une arabesque noire et blanche. Leurs eaux, aux propriétés chimiques, aux températures, et aux couleurs différentes, s’entremêlent sans se mélanger sur près de 60 km. Tableau irréel, que de nombreux dauphins d’eau douce viennent animer de leur apparition.

A_l_abordage_ Canopee_sur_ciel_menacant Disque_solaire

11h07 : Nous dépassons une péniche, ou plutôt un convoi de plusieurs barges remplies à rabord poussées par un remorqueur qui étouffe sous l’effort. Voitures, bonbonnes de gaz, pétrole… tout est convoyé par le fleuve !

11h09 : Panique ! Greg vient de se rendre compte que le bar à ‘Mixto’ est fermé. Il attend midi comme l’heure du saint sacrement. Mais la ponctualité au Brésil est une notion que même les Suisses n’auraient pu importer. 5mn peuvent aussi bien être une heure, une demi journée ou plus !

Autres_bateaux11h30 : En réalité le déjeuner est déjà servi. Les passagers choisissent soit de manger dans leur gamelle sur leur hamac ou par terre, ou alors de faire la queue pour profiter de la minuscule pièce qui fait office de réfectoire. Menu unique pour tout le trajet : Pâtes, riz, feijoada, et viande. Nous ne sommes pas à plaindre.

12h48 : Catherine tape la discute (en portugnol SVP) avec le capitaine. Echange de propos techniques : Nous remontons l’Amazone à 7,5 km/h pour parcourir un peu plus de 1 000 km en 6 jours. 18 000 litres de carburant sont nécessaires pour effectuer l’aller-retour (une semaine pour remonter le fleuve, 3 jours pour descendre son cours). Juin est la saison des hautes eaux : 19 m sous le bateau pour une largeur de fleuve de 3km. Quel débit ! L’aiguille de notre Dodoboussole indique plein ouest.

Chapeau_melon13h13 : lorsque Catherine redescend, tout est calme à l’étage des hamacs. C’est l’heure de la sieste. Seuls quelques ronflements rompent le silence.

15h30 : nous sommes complètement endormis, ensuqués par la chaleur et le manque d’air. Pourtant la vie sur le bateau a repris. Chacun y va de sa serviette de bain, de sa brosse a dents, se parfume, s’agite et organise son espace vital après déjà 24 heures de vie commune.

16h00des nuages qui crachent des éclairs intermittents. Le pont est plein de vie, les enfants courent partout, les passagers profitent de la fraîcheur du soir et nous du spectacle. Irrisations

20h30 : nous réalisons que nous avons raté le dîner servi ici a 17h. Heureusement qu’il y a toujours un petit mixto à se mettre sous la dent !

JOUR 3

7h30 : il n’y a pas eu d’annonce pour le petit dej aujourd’hui et il est terminé depuis une bonne heure quand nous nous réveillons comme des fleurs.

Cath_hamac7h40 : Nous terminons le paquet de gâteaux entamé la veille, ainsi que 2 mandarines délicieuses. Les oranges en revanche tirent la gueule, se décomposent et laissent s’échapper un jus qui a goutté sur le hamac de Catherine toute la nuit. Pot pourri naturel !

8h00 : Nous replongeons béatement dans le sommeil, trop fatigués par notre première session de lecture de 15 minutes.

12h15 : In extremis, nous pénétrons dans le cagibi qui fait office de salle à manger avant que le service de midi ne se termine. Menu habituel, froid. Les passagers se ruent sur les plats et avalent le contenu de leur assiette comme des morfales. Nous ne serons pourtant jamais à court de vivres.

13h00 : Retour, comme tout le monde, vers nos hamacs. C’est l’heure de la sieste. Le dentier du voisin de Catherine (le papy) nage dans son bocal.

Instant_de_detente_avant_le_matchGrandeur_nature15h00 : Nous montons sur le pont, il fait chaud. Le paysage est monotone. L’événement de la journée doit être notre passage à Tefe, prévu entre 15h et 19h.

16h09 : Nous avons visiblement déjà passé Tefe mais nous ne l’avons pas vu.

19h00 : le bateau continue inlassablement sa remontée des eaux qui s’écoulent à 3,5km heure en direction de l’Atlantique. Le pilote de ce rafiot datant de 1928 nous parle de ses enfants et de sa retraite qui approche à grands pas.

JOUR 4 (déjà !!) Bye_bye

Port_de_dechargement_en_plein_coeur_de_l_Amazonieentre passagers se sont déjà noués et ceux qui restent à bord saluent leurs compatriotes qui descendent dans le petit port ou les attendent motos et taxis qui les emmènent au loin sur une piste rouge.

11h30 : le bateau repart pour 10 heures de navigation avant la prochaine halte.

14h00 : Greg louche. Un œil sur son livre, et un œil sur sa montre. Le balancement un peu trop nerveux de son hamac trahit une anxiété incompréhensible.

14h30 : Ca y est, le mystère est levé. En fait le match de foot France-Italie démarre dans 15 minutes. Greg monte sur le pont pour réserver sa place au premier rang.

14h46 : Greg redescend bredouille et le visage dépité. Une putain de tele-novela est diffusée à la place match de foot sur l’unique chaîne captée par l’antenne. Il s’enfonce irrémédiablement dans une lente et profonde déprime.

20h10 : Apres avoir dégusté les traditionnels mixtos (nous sommes passés à 2 par personne), Catherine note la recette du Ceviche qu’un péruvien lui transmet comme un secret mystique. Les cartes volent sur la table de jeu. La TV diffuse les images diffuses d’une enieme tele-novela. Les enfants ont inventé une course d’obstacles avec toutes sortes d’objets.

Petite_capitaine Petite_fille_joue_a_la_balancoire Enfants Ninos

21h08 : Arrivée dans un port. Déchargement de marchandises, descente et surtout montée de passagers. C’est de nouveau la foire d’empoigne. Les ‘résidents’ du navire défendent un espace vital cruellement gagne au fil des jours : c’est la lutte !

JOUR 5

Les_soleil_apparait_au_petit_matin4h00 : Catherine se retourne pour la enieme fois dans son hamac, réveillant Greg au passage. Impression d’avoir le dos aussi contracté et tendu que les câbles de nos hamacs. La nuit a été dure. Beaucoup de bruit, d’autant plus que nous avons perdu nos boules quies. Qui plus est, le hasard a fait que nous sommes installés juste en dessous des 2 lampes de secours qui restent allumées toute la nuit. 5h, 6h. Impossible de dormir : il fait froid. Cette nuit, le papy (définitivement devenu un ennemi) a gesticulé toute la nuit sans relâche, balançant Greg contre un poteau. Greg est épuisé, les yeux cernés. Il accuse Catherine de l’avoir également bousculé cette nuit. Et pour cause : le manque de place a obligé Catherine à déguster les franges du hamac de Greg (NDLR : les hamacs brésiliens se repèrent à leurs franges, décorations qui volent au vent, se coincent dans toutes les excroissances et donnent un aspect plus romanichel à l’installation. Sous le coup de l’énervement, nous zappons le petit dej et avalons à la main les céréales crues.

8h00 : L’esthéticienne du bateau (et oui, avec l’équipage de marins il y a aussi une esthéticienne) s’est installée pour opérer à cote des toilettes et au dessus des poubelles. Le doigté de son maquillage et ses produits odorants ne peuvent faire oublier les effluves. Peu importe les clientes se précipitent quand meme.

8h30 : Une voisine de 3 tonnes 5 déballe un sac de vêtements, intéressant immédiatement les femmes des hamacs alentours. On tâte, on regarde, on soulève, et surtout on marchande. La négociation s’avère difficile : une acheteuse souhaite 3 T-Shirts pour 20 réais mais la vendeuse ne propose 2 pour 45. C’est qu’elle a le sens des affaires ! Elle n’est pas prête à céder a n’importe quel prix les vêtements qu’elle a rapportés de Fortaleza pour les vendre sur les bords de l’Amazone. Comme le transsibérien, le navire est un véritable supermarché et le moyen d’approvisionner des contrées fort reculées. Le bateau est attendu partout ou il fait escale et on se demande ou vont les passagers qui en descendent : combien de temps vont-ils encore poursuivre leur voyage avant d’arriver à destination ? Combien de pirogues, camions, motos prendront-ils ? Ou vivent-ils ? Notre imagination déploie sa créativité dans cet univers infini et inconnu. 

9h00 : La valse des hamacs débute et nous sommes sur nos gardes pour défendre notre position, tels de vrais chevaliers du Moyen-âge, prêts à bouter l’étranger hors de sa forteresse. Objectifs : s’éloigner de quelques centimètres du papy balanceur et gagner un peu d’espace afin de pouvoir mettre pied à terre quand nous descendons de notre hamac.

9h03 : le coup d’envoi est lancé. Que les plus rapides gagnent !

9h04 : Le jeux sont faits ! Le papy qui avait trop bien fixé son hamac est contraint à l’immobilité. Première défaillance de sa part depuis 5 jours. Greg a gagné 10 centimètres du coté gauche. Victoire ! Quant à Catherine, c’est encore mieux : elle occupe un double espace. Mais que se passe-t-il ? Non !!!!! Ce n’est pas possible ! Qu’est-ce que…Victoire a la Phyrrus : un homme à la mine patibulaire vient s’installer pile au dessus d’elle, lui laissant généreusement 50 centimètres au dessus de son hamac.

12h00 : Tandis que la halte de 30 minutes se prolonge depuis 3 heures, nous filons vers le réfectoire, fidèles à notre dicton : "Mieux vaut manger froid que de faire la queue"

13h25 : Cales dans nos hamacs, nous nous abandonnons dans la lecture des 17 bouquins que nous avons vaillamment portes dans nos sacs en prévision de ce trajet. Lorsque Catherine lève les yeux, elle jouit d’une vue imprenable sur le gros orteil à l’ongle incarné de son nouveau voisin.

On_charge_la_Skol14h07 : Le déchargement du bateau continue, barre de fer par barre de fer. Il y en a des milliers dans la cale. Des barres de fer, toujours des barres de fer.

17h00 : Ca décharge toujours, alors que la lumière devient de plus en plus belle, éclairant les grands arbres de teintes rosées et les reflétant dans les eaux de l’Amazone, à cet endroit aussi calmes que celles d’un lac de montagne. Les pêcheurs rentrent au village munis de poissons de toutes sortes. Les villageois tendent des billets de 5 Reais (2 euros) et reçoivent une dizaine de beaux poissons en échange.

17h30 : Nous descendons dans la cale, ou l’un des enfants du bateau pêche à l’aide d’un fil de nylon, d’un hameçon avec des bouts de gras en guise d’appât. A peine le bout de gras a-t-il effleuré la surface de l’eau que les poissons se jettent sur hameçon C’est un véritable ballet autour de appât

20h10 : Nous montons sur le pont supérieur, car ce soir, c’est LE grand soir sur le bateau. Il y a un match de foot Bresil-Argentine retransmis à la TV, et la foule est rassemblée pour cet événement. Soucieux de repartir les risques, Greg arbore un T-shirt aux couleurs de l’Argentine (le seul de propre qui lui reste à vrai dire) tandis que Catherine affiche celles du Brésil En attendant le match, certains tuent le temps autour d’un poker endiablé.It_is_poker_time_all_the_time Nous parions à notre tour, mais sur le résultat du match, comme tous !

20h40 : Nous commandons 4 mixtos et un coca, en plein épisode de ‘A Favorita’, Tele_Novela_timela tele-novela du moment. Soudain, moment dramatique à l’écran. Du coup, le cuisinier de notre mixto sort en vitesse de sa cuisine pour regarder la scène, délaissant nos tranches de pain sur le grill. Tant pis, nos mixtos seront brûlés ! Il faut savoir gérer les priorités…

20h57 : qui nous invite à passer quelques jours dans son village au Pérou. Quand, avec toute la diplomatie possible, nous tentons de lui expliquer que ce sera dur de venir le voir, car en plus du manque de temps, son village se situe dans une région peu accessible, il éclate de rire. Comment ça ? Peu accessible ?! Pas du tout ! Il suffit, à partir d’Iquitos (accessible uniquement en avion ou après une semaine de bateau), de remonter le fleuve pendant 3 jours puis de faire 36h de bus et enfin marcher une demi-journée ! C’est simple ! Tout à fait accessible !

22h50 : Le match s’achève. Au fin fond de l’Amazonie, les singes entendent une clameur d’insultes qui recouvrent le ronronnement du moteur de cet engin flottant sur le fleuve. 0 – 0. Même si le Brésil a dominé, les attaquants – ces nuls – ont manqué de réalisme. Poa ! Merde ! Peu importe, ils seront tous devant leur écran pour le match suivant…

23h20 : Apres avoir réveillé les rares dormeurs, les spectateurs du match se couchent tandis que certains irréductibles refont le match en regardant les reflets de la lune jaune sur le fleuve. Dans l’ombre, quelques couples se forment.

JOUR 6

Installes_dans_notre_hotel_a_Tabatinga10h02 : Arrivée à Sao Paulo de Olivenca. Encore une halte de déchargement Nous faisons un petit tour dans le village. Catherine se fait interpeller dans la rue (‘Belleza », ‘Mi amor’) par des hommes imbibés par l’alcool et qui font peine à voir. Une petite maison de bois fait office de bar, et, à en juger par la musique, également de boite de nuit. 1h30 de déchargement annoncé.

14h22 : Apres avoir déjeuné, nous tentons une petite douche pour nous rafraîchir face à la chaleur qui assomme l’ensemble des passagers (y compris équipage qui décharge visiblement : après 4h, ils en sont toujours en plein milieu de leur travail). Apres 5 jours, se doucher ou aller aux toilettes (même cabine) relève d’un exercice d’apnée prolongée. Mais que l’eau fait du bien !

15h01 : Catherine monte sur le pont. Elle décide, à l’image de ses copines péruviennes, de se faire faire une pédicure/manucure avec esthéticienne. En moins de 15mn, elle est entre de bonnes mains.

15h46 : Fin de la première couche de vernis. Le rose est très flash. Il va falloir s’y faire…

15h57 : Début de l’œuvre d’art…L’esthéticienne peint de véritables Picasso sur chaque doigt. Quelle précision ! Quelle application ! Quant au résultat, c’est une question de mode probablement. Ca arrivera chez nous pour sur… dans 40 ou 50 ans…

Les_mains__j_espere_que_ca_tiendra_jusqu_au_mariage_d_Eglantine___ Les_pieds

                                                   

6h10 : Début de la pédicure. Cette fois ci, c’est une véritable œuvre en 3D que notre artiste exécute. Presque une sculpture. Elle incruste un faux diamant sur l’orteil de Catherine. Charmant !

16h58 : Ca y est ! C’est fini (2h tout de même). Catherine va pouvoir parader avec ses toiles à 3 reals à chaque doigt. En tous cas, elle compare avec ses copines, qui en profitent pour la complimenter, mais surtout lui raconter leur vie.

Dechargement_sur_le_fleuve18h10 : Une pirogue approche, et soudain, tel un bateau pirate, des passages sautent à l’abordage de notre cargo. Ils prennent juste le bateau en route. Pas besoin de arrêter pour si peu.

20h20 : Bizarrement, nous sommes soudain envahis de moustiques. Le bateau a du ralentir, car sa vitesse empêchait jusqu’alors à ces derniers de nous suivre, alors qu’ils foisonnent dans les eaux blanches du Rio Solimoes. Ca ne semble pas déranger les nombreuses araignées qui attendent leur heure, ni non plus les quelques couples qui ne descotchent pas de leur hamac et profitent de la dernière nuit sur le bateau, en toute intimité…

JOUR 7

6h11 : Les hamacs commencent déjà  à se détacher un a un, soulevant des tourbillons de poussière et révélant la salete du sol. Bal d’immondices. Tant de déchets en si peu de temps !

6h52 : Devant la rumeur qui annonce notre arrivée imminente, nous nous mettons à notre tour à décrocher nos hamacs. Ca sent bon le parfum, et les femmes se pomponnent. Elles sont vêtues tout en strass et en paillettes comme si elles sortaient ce soir. A n’en pas douter, un mari, ou un amant, les attend à Tabatinga.

7h47 : Toujours rien

8h32 : Toujours rien

9h57 : Ca y est, nous arrivons enfin en vue de Tabatinga, a la frontière de 3 pays (Brésil, Pérou et Colombie), mais surtout ville perdue sur l’Amazone, au milieu de la foret. Nous aurons apprécie voyage enivrant, permettant de pénétrer des contrées reculées, souvent mystérieuses, toujours magnifiques (quels couchers de soleil !). Cela est surtout l’occasion de partager une tranche de vie de ces gens loin de tout, pour qui le temps n’a pas la même échelle que chez nous.

Bright Nenuphars_geants Un_nouveau_copain_pour_le_Louard__le_paresseux__ Amazonian_cowboy

Quoiqu’il en soit, découvrez nos photos de ce périple à travers l’Amazonie dans notre album photo du Brésil http://phileasblog.canalblog.com/albums/bresil/index.html

Posté par Corbara2006 à 20:19 - Brésil - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 28 mai 2008

Aviator ou le fabuleux destin de notre camera

BR1_0761Rio est une ville dangereuse. Certains se font braquer et dérober leur montre de pacotille. D’autres attaquer et voler leur camera. Nous, de notre coté, c’est notre camera que nous avons fait voler… En effet, nous avions la chance (merci Dan & Frank) de nous être fait offrir un survol de Rio en hélicoptère (pensez-y tous, une bonne idée de cadeau pour nous). Magnifique, formidable, inoubliable. Tous les superlatifs paraissent pauvres en regard de cette expérience. Lors du survol, nous étions tant excités que nous photographions et filmions de toutes parts, pour vous faire partager ce moment. Et c’est la que le destin de notre mini camera a basculé…

Car à force de regarder dans tous les sens, Greg a fini par faire dépasser la camera par la fenêtre de l’helico. Et la, floup ! Et moins de temps qu il ne faut pour prononcer cette onomatopée, la camera était emportée par le souffle d’air au ras de l’appareil. Panique. Greg demande au pilote de s’arrêter et tente d’ouvrir la porte pour aller la récupérer… Qu’on se sent bête !...La_vue_la_plus_celebre_de_Rio

Mais pour cette camera, c’est le début d’une grande aventure. Elle avait déjà, malgré sa taille mini et sa définition pourrie, malgré une stabilisation défaillante et un zoom quasi inexistant, traversé bien des épreuves : le sable, le vent, la pluie, une cascade, un glacier ou elle a failli périr avec nous. Mais fidèlement, elle avait délivré ces petits films qui font le bonheur de certains. Tel l’oiseau qui tombe de son nid, elle a décidé de voler de ses propres ailes. Elle prend désormais racine dans la foret tropicale près de Rio de Janeiro. A moins qu’elle ne soit à l’hôpital, encastrée dans le crâne d’un caïd de la drogue de quelque favela dont les bandes armées cherchent à tout prix à retrouver ce blaireau qui a mené une attaque aérienne contre eux…

Alors envolée la camera, envolées les images superbes du vol, celles du Corcovado, sans compter celles enflammées du Maracana pour un match de foot. Parties en fumée les images de samba, les clubs, les nanas sur la plage (désolé les gars), la capoiera, les beaux gars faisant du foot-volley (désolé les nanas, désolé Frank). Autant d’instants fabuleux qui ne seront immortalisés qu’avec notre appareil photo de 3 tonnes, ainsi que tous les moments qui nous restent au Brésil. En effet pas moyen de trouver un appareil plus récent qu’un modèle 1997, et à moins de 1000 euros ici… Alors allez voir notre album du Brésil : http://phileasblog.canalblog.com/albums/bresil/index.html

Mais au moins notre camera a pu fredonner sa chanson preferée : ‘I believe I can fly, I believe I can touch the… Ground’!...

Eglise   Espece_menacee   Midi_a_Ipanema

Posté par Corbara2006 à 15:43 - Brésil - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 27 mai 2008

L’envers du décor

BR1_0581Glaciers qui fondent, plages jonchées de déchets, forets dévastées, eau tellement polluée que les poissons flottent à la surface… Nous vous épargnons en général les plaies de la terre que nous ne cessons pourtant de voir. Ce pylône électrique à 2 cm à gauche du cadrage de notre photo de montagne, cette plateforme pétrolière en face de la plage de rêve, tous les perroquets protégés que l’on voit sur les marchés asiatiques…

Trop c’est trop. Nous ne pouvons qu’être choqués par ce que nous voyons. Et pourtant, nous ne faisons pas partie des écologistes les plus intégristes. Mais quand on y pense, on se demande si l’extrémisme écologique ne devrait pas plutôt constituer une norme. Un exemple significatif : En France, on se considère comme respectueux de la nature dès lors que l’on trie ses déchets. Mais que fait-on d’autre ? Pas grand-chose… Pense-t-on à limiter ses bains, prendre les transports en commun, acheter le radiateur le plus écolo (et aussi le plus cher), mettre un panneau solaire à la campagne (il est pourtant prouvé que c’est rentable en moins de huit ans – pas tant que ça…), éviter l’eau en bouteille au restau… ? Certainement non. C’est pourtant ces gestes là qui devraient paraître aussi évidents que se brosser les dents, mais que nous considérons comme exceptionnels.

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Parce que ne nous leurrons pas : Si nous avons plus de conscience écologique que le Vénézuélien qui balance sur le bord de la route sa canette de bière à moitié pleine devant les yeux de son enfant, notre conscience n’est que mentale, et pas encore factuelle. Et il y a bien à parier que nous sommes individuellement beaucoup plus pollueurs que lui. Et bien plus responsables que lui des 3 km de glacier perdus en 10 ans en Patagonie (il en reste 6 km soit 20 ans), de la déforestation amazonienne (pour la viande que nous mangeons), et des taches irisées de pétrole sur la mer. Alors tout en continuant à en parler, tentons d’agir concrètement avec des gestes qui ne demandent que peu d’efforts (voir le site http://www.fondation-nicolas-hulot.org/gestes/gestes.php). Et poussons notre action écologique à un niveau bien supérieur. Pas de risque d’extrémisme. Face à celui de notre consumérisme effréné, ce sera plutôt un recentrage.

Et ce sont pourtant deux personnes en scooter, en avion, au frigo bourré à craquer et avec un appart à 24C en température constante qui vous disent ça ! (On s’entraîne pour nos futurs enfants : fais ce que je dis, pas ce que je fais…)

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Deux piétons à Brasilia

BR3_0348L’avantage quand on voyage à Brasilia, c’est que l’on n’effectue pas seulement un voyage géographique. On voyage aussi dans le temps. Bienvenue dans la ville du futur du passé !

Temple de l’utopie ‘fonctionnelle’ des années 60, cette ville, entièrement pensée et conçue par Lucio Costa et Oscar Niemeyer, a été construite en moins de 3 ans sur un plateau semi désertique perdu milieu de l’Amazonie. Et la ville est à l’échelle du Brésil : immense ! Des ‘rues’ à 2 x 6 voies, des places et des dalles de béton staliniennes que Russes et Chinois envieraient, des barres d’immeubles à faire pâlir de jalousie les amoureux de Cergy… Autant dire que pour nous qui tentons de garder les bénéfices de nos treks en marchant à pied, la visite de la ville relève du parcours du combattant.

Première épreuve : se repérer dans cette agglomération sans nom de rues, mais avec des numéros de blocs ressemblant aux codes de la CIA. Il faut avoir fait polytechnique pour déchiffrer la carte. Seconde épreuve : traverser. Pas un passage piéton. Pas un feu. Un trafic dingue. Des Ayrton Senna dans chaque voiture. Pour traverser, il faut se muer en Carl Lewis. Mais c’est plutôt marathonien qu’il faut être pour la troisième épreuve : parcourir les distances gigantesques de la capitale. Et tout cela sous un soleil de plomb. Sans ombre. Car autant à Rio il y a de nombreux parks, autant a Brasilia, il y a de nombreux park…ings ! (Blague de Catherine, Greg décline toute responsabilité).

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Mais Brasilia est un véritable musée de l’architecture à ciel ouvert, ou les courbes épurées enchantent tout de même. Niemeyer est ici sauvé par la végétation luxuriante qui égaierait la barre d’immeuble la plus austère. Une ville en forme de condor (bonjour la mégalomanie), des quartiers pensés (commerces, écoles, police, habitations et jardins publics dans chaque super cuadra), la ville n’est pas si désagréable que ça. Seul hic : une mixité sociale inexistante du fait que Niemeyer, dans un souci de standardisation, a créé un seul type d’habitation par rue : la rue des riches (grands apparts), la rue des pauvres (cages a lapins), la rue des cinémas, celle des opticiens, etc.…

Finalement, Brasilia est une ville fascinante, incarnation d’une utopie poussée à l’extrême, mais une utopie d’il y a 50 ans, ou la voiture et l’éclairage électrique régnaient en maître et ou l’environnement et le développement durable comptaient peu. Il en résulte un coté mystique. C’est l’endroit favori des raveurs qui squattent régulièrement les pelouses devant le sénat et l’assemblée nationale (!!!???!!!). Et parait-il également l’endroit favori des extraterrestres : Une piste d’atterrissage a même été construite pour leurs ovnis !

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Apres nous le déluge

chaitenSéisme en Indonésie, éruption du volcan Chaiten au Chili, répression au Tibet, feux de pampa a Buenos Aires, tremblement de terre au Sichuan, élection des maoïstes au Népal… Il nous semble que beaucoup d’endroits que nous visitons subissent des catastrophes tragiques peu après notre passage. Nous avons forcement une pensee emue our tous les gens que nous avons pu rencontrer ou croiser et qui souffrent. Quant a ceux avec qui nous nous amusons actuellement, nous croisons les doigts our eux. Pour vous, rassurez-vous, promis, on ne reste pas longtemps à Paris !

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vendredi 23 mai 2008

Variété et clichés

CactusLe Brésil a ceci d’extraordinaire que son intérêt touristique est souvent sous-estimé, paradoxalement éclipsé par les clichés que ce pays véhicule.

Les clichés tout d’abord. On pourrait les croire morts, comme le français au béret et à la baguette. Certes, le string sur la plage n’est plus totalement à la mode. Mais force est de constater que le football (5 matchs à la TV par jour) enfièvre régulièrement les bars, que la fête, omniprésente, est vraiment sympa (on imagine les sifflets et les plumes dans le … mais les teufs au Brésil sont moins stéréotypées que cela et toujours à base de bonne ambiance), que la musique (foro, pagode, samba, bossa…) vibre jour et nuit. C’est ici tous les jours la fête de la musique avec des concerts live excellents et de l’animation dans les bars et dans les rues. L’écart de richesse enfin. C’est vrai, la pauvreté la plus extrême jouxte le luxe le plus inouï. Cruel à voir. Star_Trek

Edifice_colonial     Rasta     Cliche 

Mais ces clichés font parfois oublier la variété du Brésil Variété des gens. On y voit des slaves, des métisses, des noirs aux yeux bleus… Variété des paysages : plages, foret tropicale, montagnes, chutes, savane, désert, nature, villes. Variété architecturale, entre bijoux coloniaux et modernisme dépassé. Variété culturelle entre musées ou événements remarquables et telenovelas affligeantes (quoique…). Bref, au Brésil, il y a de tout (sauf des appareils photos pas chers). Cette richesse, cette densité (il ne faut pas croire qu’il est nécessaire de traverser tout le pays pour accéder à ces richesses), et cette variété font du pays un lieu idéal de détente et de vacances. Il y a juste une semaine à éviter, en février, si l’on souhaite se reposer. Là-bas, tout le monde nous en parle. Visiblement ça s’appelle ‘CAR-NA-VAL’ en portugais…

Camemberts_sur_powerpoint   Culte_du_corps   Niagara_n_a_qu_a_bien_se_tenir

Eau_turquoise_a_Rio    Mouillage     Entree_a_Salvador    En_voiture

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mercredi 21 mai 2008

Curitiba, l'eco-ville du futur

Cela faisait deja quelques temps que l´on voulait parler d´une ville qui nous interesserait particulierement pour ses projets urbains.

BR1_0005Nous vous emmenons donc a Curitiba, 1,7 millions d´habitants, au sud de São Paulo. Cette ville, qui a grossi comme un champignon a partir des annees 50 suíte a l´arrivee massive de populations venues des campagnes, est devenue une ville modele et pilote en terme d´urbanisme ´durable´. Mais qu´est ce qui a ete fait dans cette ville pour reduire la pollution de l´air et creer un cadre de vie agreable pour ses habitants, tout en promouvant l´ecosysteme?

La ville s’est construite autour de 5 grandes arteres, sur lesquelles sont  rassembles logements, commerces et bureaux, pour creer de la densite, et permettre l’extension ulterieure de la ville, que le maire avait anticipee des le depart. L´objectif était donc développer la ville autour du transport en commun et non l´inverse, comme nous sommes en train de le faire en acceptant la peri-urbanisation avec la construction de pavillons individuels (dont nous rêvons tous), loin de tout réseau de transport.

BR1_0009A Curitiba, c’est tout l’inverse donc. Afin eviter le transport en voiture d´un quartier a l´autre, pour aller travailler ou par exemple, et, la ville n’ayant pas les moyens de s’offrir un metro, ils ont invente le bus en site propre, le long de ces arteres (Delanoe avait visite Curitiba !!).  Ce systeme de transport dit ‘integre’ utilise 1902 bus pour transporter 1.9 millions de passagers chaque jour. C’est en fait comme un metro en surface, avec ses 221 stations en tubes permettant arrêts et interconnections. Dans ces conditions, a quoi bon prendre sa voiture ?

BR1_0015BR1_0018La ville est ainsi devenue un véritable laboratoire et aussi un modèle en matière de développement durable : 55 m2 d’espace verts par habitants – imaginez-ca a Paris (28 parcs, plantations d’espèces endémiques de la foret amazonienne le long des rues) ; ouverture (a l’initiative de Cousteau) de la première université de l’écologie ; système d’échange de déchets recyclables contre des fruits et légumes bio ; 200 kilomètres de pistes cyclables...

Bref, Curitiba a imagine et teste des solutions économiques pour rendre les villes plus écologiques, et est devenu un exemple pour nombre de grandes metropoles a travers le monde. Prochain challenge pour Curitiba : le bus electrique !

Si vous souhaitez en savoir plus, voici le lien vers un super site en anglais qui explique comment la ville s’est developpee : http://www.pbs.org/frontlineworld/fellows/brazil1203

Prochaine etape urbaine a ne pas manquer : Rio de Janeiro!

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lundi 28 avril 2008

Enfin, la solution du grand Jeu Concours : 'Kesako?'

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Voici, enfin, la reponse au jeu concours « Kesako ? », dont l’objectif etait de trouver quel etait l'objet sur la photo. Tous les gagnants ont tente leur chance...et d'ailleurs bravo pour votre participation ! C'etait bien drole de voir votre imagination fertile...

La reponse donc : il s'agit bien de pots a mate. Le pot a mate est une petite calebasse, et le mate est "LA" boisson traditionnelle argentine. C'est aussi un bon moyen de reperer un argentin, qui se balade toujours un thermos a la main droite pour arroser les feuilles de mate dans la petite calebasse qu'il tient de la main gauche, et qu'il aspire avec un paille metallique. Bref, une journee a Buenos Aires ne peut commencer sans un mate (comme le cafe chez nous) !

Nous felicitons donc nos 2 gagnants, qui recevront chacun un Phileas cadeau a notre retour : Anne Marie (pas de merite, car elle etait deja venue en Argentine, mais bon !!), et un prix special pour le filleul de Gregory, Samuel, qui a ete tres tres imaginatif "C'est pour boire du thé de Yack, mais ça pue !!! Alors il y a des diffuseurs de parfum !!!"

Vous n'avez pas gagne cette fois ci? Tout n'est pas perdu, vous pourrez tenter votre chance lors de la prochaine enigme 'Kesako?"

Posté par Corbara2006 à 02:39 - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

BRRRAZIOU ! (lalalalalalalala…)

drapeau_bresilFutbol ? Samba ? Caipirinha ? Des mots importants. Mais le premier mot que l’on apprend au Brésil, c’est super -Tudo bem- ! A méditer… (Chez nous, ce doit être un juron quelconque). Pas si difficile de parler Portugnol finalement. Une bonne dose de sourire, des ‘cao’, des ‘dj’ et des ‘tch’ un peu partout et le tour est joué. De toutes les façons, les brésiliens sont tellement relax et bavards que vous vous en sortirez invariablement avec une réponse de 8 mn, une invitation à boire un coup, un bracelet de cheville et un clin d’œil !

L’attrait du Brésil est toujours difficile à transcrire, car il est présent dans les mots ambiance, joie de vivre, végétation, fête, rythme (pas une soirée sans musique – Petite RAVE improvisée sous notre fenêtre hier soir à 3h30…), détente. Non seulement dans le paysage, également dans l’architecture, mais surtout chez les gens. Ces gens qui paraissent plus proches que des cholitas boliviennes pleines de jupes et de chapeau melon, mais qui sont tant à l’opposé de notre pessimisme national !

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Alors nous avons succombé des les premières minutes, alors que nous étions pourtant amoureux de l’Argentine ! Tant mieux, car nous avons prévu de traverser jusqu'à notre retour en juillet ce pays jaune et vert ou l’on ne sent pas en voyage mais en vacances. De quoi peut être danser la samba à notre retour (faut pas rêver quand même…)

Posté par Corbara2006 à 01:22 - Brésil - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Le plus grand barrage du monde près des plus belles chutes du monde

AR2_0097Les Argentins sont fiers comme des poux d’héberger les chutes les plus spectaculaires du monde (Remarquez, selon eux, ils ont les plus beaux glaciers du monde, la ville la plus australe, les montagnes les plus difficiles à gravir, et un jour l’un d’entre eux m’a même dit la plus haute, car l’Aconcagua et ses presque 7 000 m seraient moins riche en oxygène que l’Everest…). Iguazu est une fierté nationale.

Mais me direz-vous, les chutes d’Iguazu se situent entre le Brésil et l’Argentine ! Oui, c’est vrai. Mais il est aussi vrai qu’elles sont aux 2/3 argentines et que ce cote recèle les points de vue les plus spectaculaires. De quoi rendre les Brésiliens jaloux, ce qui n’est pas dur.

Pour prendre leur revanche, les Brésiliens ont construit, avec leur voisin Paraguayen situe à 2 km, le plus gros barrage du monde. Achevé dans les années 80, le barrage d’Itaipu est une œuvre titanesque qui a nécessité autant de ferraille que 400 Tours Eiffel et autant de béton que 50 tunnels sous la manche… Tout cela pour alimenter 20 turbines géantes de 14m de diamètre dans lesquelles transitent 3 600 000 litres d’eau à la minute !

On imagine le désastre écologique, les 150 morts officiels, les tribus guaranis déplacées, les villages noyés, les espèces disparues… Cela, la propagande officielle (et oui, il n’y a pas qu’en Chine !) ne nous en parle pas. Seulement nous dit-on que ce barrage est considéré comme une des 7 merveilles du monde moderne par un obscur organisme américain. On frissonne donc d’avance à la pensée de tous les dégâts causés.

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Mais voila : le barrage d’Itaipu produit l’équivalent de 25% de l’électricité du Brésil et 100 % de celle du Paraguay ! Et il faut bien reconnaître que la société qui gère le barrage fait depuis quelques années un travail considérable pour le développement de la région : hôpitaux, universités, œuvres sociales, recherche. Plus remarquable : elle finance fortement (plusieurs milliards de dollars quand même) le reboisement dans cette zone mythée par les plantations de soja, et construit des corridors naturels entre parcs naturels et même un canal de déviation (ou l’on fait du kayak) pour que les espèces de poissons du rio Parana puisse remonter jusqu’au lac. Et ça marche ! 70% des 200 espèces de poissons du rio Parana sont déjà venues se reproduire dans le lac en moins de 10 ans !

Alors difficile de tirer un bilan d’une œuvre aussi gigantesque, mais comparé aux mêmes réalisations chinoises, on sent qu’un réel effort est réalisé. C’est peut être ça, le développement durable…

Posté par Corbara2006 à 00:20 - Brésil - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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